Sur la Place de l’Horloge d’Avignon, deux automates de bois frappent une cloche médiévale 24 fois par jour depuis plus de cinq siècles. Le jacquemart d’Avignon, installé en 1471 au sommet de la tour gothique de l’hôtel de ville, constitue l’un des très rares mécanismes horlogers civils du XVe siècle encore en activité en France [^1^]. Cette continuité technique exceptionnelle, traversant cinq cents cinquante-cinq ans d’histoire urbaine, fait du jacquemart avignonnais une pièce centrale du patrimoine vivant de la cité des papes.
Le jacquemart d’Avignon : datation, auteur et localisation
Le jacquemart est installé en 1471 par maître Pierre Guibert, serrurier et horloger avignonnais mentionné dans les délibérations consulaires de l’époque [^2^]. Il prend place sur la tour de l’Horloge, construite à partir de 1354 et achevée vers 1363 sur ordre des consuls d’Avignon, à l’emplacement du palais comtal des comtes de Toulouse-Provence. La tour est surélevée vers 1481 pour atteindre sa hauteur définitive d’environ 40 mètres.
Les automates Jacques et Jacote
Les deux automates en bois polychrome qui frappent la cloche sont nommés Jacques (figure masculine guerrière, casquée, en armure) et Jacote (figure féminine vêtue d’une casaque jaune). Les statues actuelles datent de 1856, remplaçant les originales de 1471 dont elles reproduisent fidèlement les attitudes et le mouvement [^3^]. Elles sont sculptées dans du bois de figuier traité, matériau choisi pour sa résistance aux variations hygrométriques et aux insectes xylophages.
La cloche et son mécanisme
La cloche frappée par les automates est en bronze, d’un poids estimé à environ 280 kilogrammes. Le mécanisme d’origine, à poids et balancier vertical, n’a pas été remplacé : seules les pièces d’usure (axes, ressorts, cordages) ont été renouvelées au cours des cinq cents ans d’activité. Cette continuité mécanique fait du jacquemart d’Avignon un cas pédagogique étudié par les horlogers du Musée des arts et métiers (Paris) et de la Société chronométrique de France.
L’histoire de la tour de l’Horloge
Une tour communale née du pouvoir municipal
La tour de l’Horloge symbolise au XIVe siècle l’affirmation du pouvoir consulaire d’Avignon face à l’autorité pontificale alors installée au Palais des Papes (1309-1377). Elle abrite à l’origine la cloche du beffroi communal, marquant les heures de travail, les ouvertures et fermetures des portes de la ville, et servant d’alerte en cas d’incendie ou d’invasion [^4^].
La fusion avec l’hôtel de ville néoclassique de 1851
L’hôtel de ville actuel d’Avignon, de style néoclassique, est construit entre 1845 et 1851 sur les plans des architectes Léon Feuchère et Joffroy. Il intègre la tour médiévale du XIVe siècle dans sa façade arrière, créant une superposition architecturale spectaculaire entre gothique flamboyant et architecture du Second Empire. Cette intégration patrimoniale est saluée comme un exemple précoce de réemploi monumental en France.
Comment fonctionne le jacquemart d’Avignon
Le système de poids et engrenages
Le mécanisme repose sur un système de poids descendants en plomb (environ 80 kg) reliés à un train d’engrenages en fer forgé. La descente des poids, contrôlée par un échappement à roue de rencontre et foliot (vertical), libère l’énergie nécessaire au mouvement des automates et au déclenchement du marteau frappant la cloche. Le remontage est manuel et hebdomadaire, assuré par un horloger municipal habilité.
Le rythme de frappe
Les automates frappent la cloche selon le rythme horaire conventionnel français : un coup à 1 h, deux coups à 2 h, jusqu’à douze coups à midi puis le cycle reprend. Ils sonnent également les demi-heures par un coup unique. Sur une année, ils effectuent environ 78 840 coups de marteau combinés, soit plus de 43 millions de frappes depuis 1471.
Place de l’Horloge : le cœur battant d’Avignon
La Place de l’Horloge, qui doit son nom au jacquemart, constitue depuis le XIVe siècle le centre administratif et commerçant d’Avignon. Elle accueille aujourd’hui :
- L’hôtel de ville (mairie d’Avignon) intégrant la tour gothique [^5^]
- L’Opéra Grand Avignon (1847), salle à l’italienne classée monument historique
- Le palais du Roure, hôtel particulier du XVe siècle abritant la fondation Flandreysy-Espérandieu
- Une vingtaine de terrasses de cafés et restaurants, dont plusieurs adresses historiques
L’accès et les horaires d’observation
L’observation du jacquemart est libre, gratuite et permanente depuis la place. Les meilleures heures pour assister au spectacle des automates sont 10 h, midi et 18 h, lorsque le nombre de coups est maximal et l’éclairage naturel optimal. La place est piétonne, accessible à pied depuis la Place du Palais (5 minutes), la gare SNCF Avignon Centre (12 minutes) et le Pont d’Avignon (8 minutes).
Protection patrimoniale et maintenance
Classement Monument Historique
La tour de l’Horloge et son mécanisme sont protégés au titre des Monuments Historiques depuis 1925, intégrés au périmètre UNESCO du centre historique d’Avignon classé en 1995 [^6^]. La Direction régionale des affaires culturelles (DRAC) de Provence-Alpes-Côte d’Azur supervise les interventions sur le mécanisme.
Les interventions modernes
Plusieurs campagnes de restauration ont eu lieu sans dénaturer l’authenticité du mécanisme : 1856 (remplacement des automates), 1923-1925 (consolidation de la tour), 1986 (restauration des polychromies), 2008 (nettoyage et révision du mécanisme). Une nouvelle campagne de diagnostic est programmée selon les annonces de la municipalité d’Avignon pour la décennie 2026-2030.
Autres jacquemarts en France et en Europe
Si le jacquemart d’Avignon est l’un des plus anciens en activité, il n’est pas unique. Quelques jacquemarts notables :
| Jacquemart | Ville | Date d’installation | Statut actuel |
|---|---|---|---|
| Beffroi de Cambrai | Cambrai (Nord) | 1349 (refait XIXe) | Reconstitution |
| Tour de Dijon | Dijon (Côte-d’Or) | 1383 | En activité |
| Hôtel de ville Avignon | Avignon (Vaucluse) | 1471 | En activité |
| Beffroi de Béthune | Béthune (Pas-de-Calais) | 1518 | En activité (UNESCO) |
Le jacquemart d’Avignon se distingue par la combinaison rare entre ancienneté du mécanisme, continuité d’activité et conservation des automates proches de leur configuration originelle.
Anecdotes historiques
Le jacquemart pendant la Révolution française
Lors de la Révolution, alors que de nombreux symboles de l’Ancien Régime sont détruits, le jacquemart d’Avignon est épargné. Les autorités révolutionnaires considèrent le mécanisme comme un bien utilitaire (fonction horaire publique) et non comme un symbole religieux ou royal, ce qui lui permet de traverser la période sans dommage.
L’arrêt de 1944
Le mécanisme s’est arrêté brièvement en août 1944 lors des combats de la Libération d’Avignon. Il a été remis en marche dès septembre 1944 par l’horloger municipal de l’époque, sans intervention majeure sur le mécanisme.
FAQ
Peut-on visiter l’intérieur de la tour de l’Horloge ?
L’intérieur de la tour et le mécanisme ne sont pas accessibles au public pour des raisons de conservation et de sécurité. Des visites guidées exceptionnelles sont organisées une à deux fois par an lors des Journées européennes du patrimoine (3e week-end de septembre), sur réservation auprès de l’office de tourisme.
À quelle fréquence le jacquemart sonne-t-il ?
Les automates frappent la cloche aux heures pleines (1 à 12 coups selon l’heure) et aux demi-heures (1 coup), soit environ 24 séquences de frappe par jour.
Le jacquemart fonctionne-t-il vraiment depuis 1471 ?
Le mécanisme d’origine de 1471 fonctionne en continu, avec les seules interruptions liées à des opérations de maintenance ou aux combats d’août 1944. Les pièces structurelles (cadre, train d’engrenages) sont d’origine. Les automates ont été refaits en 1856 dans le strict respect de l’iconographie médiévale.
Pourquoi les automates s’appellent-ils Jacques et Jacote ?
Les prénoms Jacques et Jacote sont une tradition locale médiévale. Le terme « jacquemart » lui-même dérive du prénom Jacques, désignant à l’origine en français médiéval tout automate frappeur d’heures. Cette tradition lexicale est mentionnée dans les chroniques d’Avignon dès le XVIe siècle.
Le contexte historique : Avignon au XVe siècle
Une ville post-pontificale en mutation
Lorsque le jacquemart est installé en 1471, Avignon n’est plus la capitale de la chrétienté depuis presque un siècle (le retour de la papauté à Rome a lieu en 1377 sous Grégoire XI). La ville reste cependant possession pontificale : le pape conserve la souveraineté sur Avignon et le Comtat Venaissin jusqu’à la Révolution française et l’incorporation à la France en 1791. Au XVe siècle, l’autorité réelle est partagée entre un légat pontifical résidant au Palais des Papes et les consuls élus représentant la bourgeoisie urbaine.
Une cité prospère et cosmopolite
Avignon compte environ 30 000 habitants au milieu du XVe siècle, ce qui en fait l’une des dix villes les plus peuplées de France et l’égale d’Aix ou de Marseille. Sa prospérité repose sur le commerce fluvial (Rhône), les foires textiles, la banque (présence importante des Italiens et notamment des Florentins) et l’activité universitaire (université d’Avignon fondée en 1303 par Boniface VIII, l’une des plus anciennes de France). Cette densité économique justifie l’investissement dans un mécanisme horloger public sophistiqué.
Pierre Guibert : portrait d’un horloger médiéval
Le métier d’horloger au XVe siècle
Au XVe siècle, le métier d’horloger n’est pas encore une corporation autonome : il relève généralement de la corporation des serruriers (ferronniers), qui maîtrisent le travail du fer forgé et la fabrication des engrenages. Les horlogers publics sont alors des artisans rares, formés par compagnonnage, et leur intervention sur les horloges urbaines fait l’objet de contrats détaillés enregistrés dans les délibérations consulaires.
Le contrat de 1471
Les archives municipales d’Avignon conservent les délibérations consulaires mentionnant la commande du jacquemart à Pierre Guibert. Le contrat précise la rémunération (en livres tournois et en nature : blé, vin, drap), les délais d’exécution, les obligations de maintenance ultérieure et la garantie de bon fonctionnement. Ce type de document constitue une source précieuse pour l’histoire technique médiévale, et a fait l’objet de plusieurs études universitaires depuis le XIXe siècle.
L’horlogerie médiévale en Europe
L’invention de l’horloge mécanique
L’horloge mécanique apparaît en Europe occidentale au XIIIe siècle, probablement dans les monastères bénédictins où le rythme des offices religieux impose une mesure précise du temps. Les premières horloges publiques urbaines sont installées au XIVe siècle : Milan (1335), Padoue (1344), Strasbourg (1354), Salisbury (1386). Leur diffusion accompagne l’urbanisation médiévale et la rationalisation économique des temps de travail.
Les jacquemarts : automates frappeurs
Les jacquemarts apparaissent au XIVe siècle, dérivés des horloges astronomiques sophistiquées qui ornent les cathédrales (Strasbourg, Prague, Lyon). Leur fonction est à la fois utilitaire (frapper les heures pour la population) et symbolique (affirmer la richesse et la modernité de la ville). Le terme « jacquemart » est attesté en français dès 1422, dérivé du prénom Jacques associé à l’image populaire du paysan-soldat médiéval.
La précision technique du mécanisme avignonnais
L’échappement à foliot
Le jacquemart d’Avignon utilise un échappement à foliot vertical, technologie horlogère caractéristique des XIVe-XVe siècles, antérieure à l’invention du pendule (Christiaan Huygens, 1656). Cet échappement présente une précision relativement faible (variations de plusieurs minutes par jour), ce qui imposait un réglage régulier au soleil ou à un cadran solaire de référence. Cette imprécision était acceptable pour une horloge publique dont la fonction principale était de fournir un repère horaire approximatif au quotidien.
Comparaison avec les standards modernes
| Technologie | Époque | Précision typique |
|---|---|---|
| Foliot vertical (Avignon 1471) | XIVe-XVe siècle | ± 15 min/jour |
| Pendule simple (Huygens) | XVIIe siècle | ± 10 s/jour |
| Pendule à seconde | XVIIIe siècle | ± 1 s/jour |
| Quartz | XXe siècle | ± 0,5 s/mois |
| Atomique (césium) | XXIe siècle | ± 1 s / 3 millions d’années |
Le rôle social du jacquemart au Moyen Âge
Une fonction utilitaire
Avant la diffusion de l’horloge personnelle (XIXe siècle), le jacquemart constituait le principal repère horaire public. Il rythmait :
- Les ouvertures et fermetures des portes de la ville (sécurité publique)
- Les horaires des marchés et foires
- Les heures de travail des compagnons et apprentis
- Les couvre-feux (extinction des feux domestiques)
- Les services religieux (par addition à la cloche des paroisses)
- Les alertes incendie ou militaires (par tocsin)
Une fonction symbolique
Le jacquemart symbolisait également le pouvoir consulaire face au pouvoir religieux (cathédrale, Palais des Papes). Sa hauteur, sa visibilité, sa sophistication technique étaient autant de marqueurs de la prospérité et de l’autonomie urbaine. Cette dimension symbolique explique l’investissement considérable consenti par les consuls avignonnais en 1471, en pleine période de récession post-papauté.
Le quartier de la Place de l’Horloge : promenade historique
De la Porte Limbert à l’Opéra Grand Avignon
La Place de l’Horloge actuelle résulte de transformations urbaines successives. Au Moyen Âge, elle occupait l’emplacement de l’ancien forum romain (cardo / decumanus), puis du palais des comtes de Toulouse-Provence (XIIe-XIIIe siècle). Le percement de la place actuelle date du XVIIIe siècle, avec son agrandissement définitif sous Napoléon III et la construction de l’hôtel de ville (1845-1851) et de l’opéra (1846-1847).
Les monuments alentour
- Opéra Grand Avignon : salle à l’italienne (1847), classée MH, programmation lyrique et symphonique
- Palais du Roure : hôtel particulier XVe siècle, fondation Flandreysy-Espérandieu, accès libre cour intérieure
- Hôtel des Monnaies : façade baroque XVIIe siècle, abrite aujourd’hui le conservatoire
- Église Saint-Pierre d’Avignon : collégiale gothique XIVe siècle, classée MH
Au-delà du jacquemart : l’horlogerie publique en Provence
La Provence conserve plusieurs horloges publiques anciennes notables :
| Ville | Horloge | Date | Particularité |
|---|---|---|---|
| Avignon | Tour de l’Horloge | 1471 | Jacquemart en activité |
| Aix-en-Provence | Tour de l’Horloge cours Mirabeau | 1510 | Statue allégorique des saisons |
| Carpentras | Tour de l’Horloge | XVIIe siècle | Pic médiéval restauré |
| Arles | Tour de l’Horloge place de la République | XVIe siècle | Cadran solaire complémentaire |
Symbolique des automates Jacques et Jacote dans la culture populaire avignonnaise
Une mémoire vivante
Jacques et Jacote font partie intégrante de l’imaginaire collectif avignonnais. Représentés sur des cartes postales depuis le XIXe siècle, ils apparaissent également dans la littérature provençale (notamment les chroniques de Frédéric Mistral et de l’École félibréenne), dans les contes pour enfants distribués par l’Office de Tourisme, et dans les supports pédagogiques des écoles du centre-ville. Ils incarnent une figure paternelle et maternelle protectrice, « veillant » sur la ville depuis cinq siècles.
Le rituel touristique
Chaque jour, dès la première heure de frappe matinale, des dizaines de touristes lèvent la tête sur la Place de l’Horloge pour assister à la chorégraphie mécanique. L’Office de Tourisme d’Avignon intègre systématiquement ce point d’observation dans ses parcours guidés, et plusieurs applications de visite touristique (Cityscoot Avignon, Avignon Discovery Pass) signalent les heures-clés où le spectacle est le plus complet (midi, 18 h).
Comment voir au mieux le jacquemart : conseils pratiques
Les meilleurs angles d’observation
Pour profiter pleinement du spectacle, plusieurs points d’observation sont recommandés :
- Terrasse Café de l’Horloge : vue frontale sur la tour, idéal pour boisson + spectacle
- Parvis de l’Opéra : recul nécessaire pour photographier l’ensemble
- Angle nord-ouest de la place : meilleure lumière en début d’après-midi
- Rue de la République : approche progressive, perspective monumentale
Quand venir : conditions optimales
Les meilleures conditions d’observation combinent : lumière naturelle suffisante (entre 9 h et 18 h selon la saison), faible affluence (matin tôt ou hors saison estivale), heure pleine impliquant un nombre élevé de coups (midi pour douze coups, 18 h pour six coups). En été, l’ombre portée de l’hôtel de ville rafraîchit la place, ce qui en fait un point de rendez-vous prisé pendant le Festival d’Avignon.
Le mécanisme face à l’épreuve du temps : maintenance et défis
L’entretien hebdomadaire
Le mécanisme du jacquemart nécessite un entretien régulier assuré par un horloger municipal habilité. Le remontage des poids est hebdomadaire, complété par une inspection visuelle des engrenages, un graissage des axes (huile horlogère spécialisée) et un contrôle de l’échappement. Une intervention plus complète, incluant le nettoyage du mécanisme et le réglage de précision, est effectuée annuellement.
Les défis contemporains
La conservation du mécanisme se heurte à plusieurs défis modernes : pollution urbaine (acides, particules fines accélérant la corrosion du fer forgé), vibrations du trafic urbain (même indirectes, transmises par les fondations), variations thermiques accrues liées au changement climatique, et difficulté croissante de trouver des artisans formés à l’horlogerie ancienne. La Ville d’Avignon collabore avec l’École nationale supérieure des Arts et Métiers (ENSAM) et la Société chronométrique de France pour assurer la transmission des savoir-faire.
Sources
[^1^] Ville d’Avignon — Patrimoine et monuments : https://www.avignon.fr/ma-ville/decouvrir-avignon (consulté 2026-05-17)
[^2^] Archives municipales d’Avignon — Délibérations consulaires XVe siècle : https://archives.avignon.fr/ (cote inventaire BB)
[^3^] Avignon Tourisme — Place de l’Horloge : https://avignon-tourisme.com/offres/place-de-l-horloge-avignon/ (consulté 2026-05-17)
[^4^] Base Mérimée — Tour de l’Horloge Avignon, notice PA00081844 : https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/PA00081844
[^5^] Mairie d’Avignon — Hôtel de ville : https://www.avignon.fr/ma-ville/mairie/hotel-de-ville (consulté 2026-05-17)
[^6^] UNESCO — Centre historique d’Avignon (1995) : https://whc.unesco.org/fr/list/228 (consulté 2026-05-17)
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