Douze nuits de fermeture sur le péage n°24 n’ont pas servi à un simple entretien. À hauteur d’Avignon, ces coupures programmées à partir du lundi 1er juin 2026 préparent la création d’une nouvelle bretelle près du futur carrefour de Bonpas. Voilà pourquoi ce dossier dépasse largement la gêne d’un détour nocturne.
Le sujet mérite qu’on s’y arrête, car il raconte une bascule routière plus large. Quand une entrée et une sortie d’autoroute ferment la nuit, vous n’êtes pas face à un coup de peinture sur quelques mètres, mais à un chantier qui recompose les accès.
12 nuits au péage: une fermeture lourde, donc un chantier qui pèse
La barrière concernée est Avignon-Sud, avec fermeture de l’entrée et de la sortie. Les coupures ont été programmées sur plusieurs nuits consécutives, entre 21 h ou 22 h et 6 h. Ce créneau dit déjà beaucoup: on a choisi le moment où le trafic reste plus gérable, mais la gêne reste réelle pour celles et ceux qui passent tard.
Sur ce genre d’opération, notre avis est net: fermer la nuit est la moins mauvaise solution, pas une solution douce. Si vous deviez emprunter cet échangeur à ces heures-là, votre trajet change d’un coup, et c’est bien la preuve que l’intervention touche un point sensible du réseau.
Le plus parlant, c’est la nature même de la fermeture. On ne bloque pas à la fois l’accès et la sortie pour un détail de finition. On le fait quand il faut reprendre l’espace routier de façon assez lourde pour sécuriser un nouvel aménagement.
Pourquoi couper la circulation à ces horaires ?
Parce que les travaux annoncés ne relèvent pas d’une seule équipe venue poser un panneau. Il y a des travaux d’enrobés, des glissières en béton armé, de la signalisation et la pose d’écrans acoustiques. Si vous additionnez ces familles d’intervention, vous voyez tout de suite un chantier composite, avec plusieurs couches à traiter au même endroit.
Et c’est là que le dossier devient parlant. Nous avons souvent tendance à réduire une fermeture à la seule barrière de péage, alors qu’ici elle sert de sas à un chantier bien plus large. Ce serait une erreur de lecture de n’y voir qu’une contrainte passagère.
Bonpas attire tout: la nouvelle bretelle est le morceau attendu

Les entrées et sorties de cette barrière se trouvent à proximité du futur carrefour de Bonpas. Le chantier doit permettre la création d’une nouvelle bretelle, avec une ouverture à la circulation annoncée pour fin juillet. Là, vous tenez le cœur du sujet: la fermeture nocturne prépare un nouvel usage de l’échangeur, pas seulement sa remise en état.
Il faut aussi regarder l’échelle du dossier. Ce futur carrefour est présenté comme le plus gros chantier routier du département. Dit autrement, les nuits perdues au péage ne sont que la partie visible d’une transformation beaucoup plus massive.
Nous le disons franchement au nom de la rédaction: quand un aménagement est décrit de cette taille, mieux vaut lire les fermetures comme des étapes d’assemblage, pas comme une série d’incidents isolés. Vous pouvez râler sur le détour, et ce serait bien normal, mais le sens du chantier est ailleurs: il prépare une nouvelle organisation des flux.
Que doit apporter l’ouverture annoncée pour fin juillet ?
Avec les faits disponibles, on peut l’affirmer sans broder: l’ouverture visée en fin juillet doit donner vie à cette nouvelle bretelle. Nous n’irons pas au-delà, car aucun détail de circulation plus fin n’est fourni. Mais pour vous, l’idée utile est claire: la fermeture du péage n’a d’intérêt que parce qu’elle prépare cette mise en service.
Le point faible, à nos yeux, reste l’attente. Entre des nuits coupées en juin et une ouverture annoncée plus tard, l’automobiliste voit d’abord la contrainte avant de voir le bénéfice. C’est souvent le défaut de ce type de calendrier.
Les déviations disent aussi la taille du dossier
Des déviations ont été mises en place pour les automobilistes qui devaient passer par cet échangeur. Elles passent par Cavaillon et aussi par Avignon-Le Pontet, situé au nord de la préfecture. Ce choix n’a rien d’anodin: quand on renvoie les conducteurs vers d’autres accès de cette manière, c’est que le verrou est complet sur la zone traitée.
Pour vous, la conséquence est simple. Une fermeture d’entrée peut parfois se contourner sans trop de casse; une fermeture d’entrée et de sortie oblige à repenser le passage dans les deux sens. Ce n’est pas un ajustement de quelques minutes qu’on devine à peine sur la route.
Notre réserve tient ici à la lisibilité. Une déviation est utile, mais elle reste toujours une solution de repli, jamais une réponse confortable. Et sur un axe aussi structurant, personne ne prend ce genre de détour avec le sourire, surtout sur plusieurs nuits consécutives.
On a tous déjà sous-estimé une fermeture nocturne en pensant que “ça passera”. Sur ce dossier, c’était précisément le mauvais réflexe. La combinaison fermeture totale plus déviation par d’autres échangeurs montrait d’emblée que le chantier allait mordre largement sur les habitudes de circulation.
Un chantier commencé en 2025, prévu jusqu’en 2027, avec un autre front sur les chaussées
Le carrefour de Bonpas a débuté en 2025 et il est prévu jusqu’en 2027. Cette durée remet les choses à leur place: les fermetures de juin ne sont qu’un épisode dans une opération longue. Si vous cherchez à comprendre ce secteur, il faut le regarder comme une séquence étalée, pas comme une parenthèse vite refermée.
À cela s’ajoute un autre chantier porté par Vinci Autoroutes sur environ 45 km de chaussées entre Orange centre et Avignon nord, pour 22,4 M€. Là encore, le paysage routier local apparaît sous pression. Le défaut, pour l’usager, c’est l’empilement: quand les travaux se superposent sur un même couloir, la sensation de saturation arrive vite.
Il ne faut pas tout mélanger, mais il ne faut pas séparer artificiellement non plus. D’un côté, une nouvelle bretelle se prépare près du futur carrefour. De l’autre, un chantier de rénovation avance sur un long linéaire de chaussées.
Pour vous, le résultat pratique reste le même: ce secteur routier traverse une phase dense, lourde, et franchement peu compatible avec les automatismes de conduite habituels.
Au fond, cette fermeture nocturne n’était pas un petit incident de circulation à oublier. Elle annonçait une recomposition durable autour de Bonpas, avec une nouvelle bretelle en ligne de mire et un corridor routier déjà très travaillé. Si vous passez dans ce coin, mieux vaut garder cette idée en tête: ici, la route est encore en train de se redessiner.