Plus de 200 signatures en deux heures sur le marché du jeudi 11 juin : la mobilisation autour de l’ancienne carrière au-dessus de la ville a pris un tour très concret. Quand des habitants viennent d’eux-mêmes taper sur l’épaule des bénévoles pour signer, ce dossier sort du cercle militant. Il entre dans la vie locale.
Le débat porte sur l’ancienne carrière Saint-Eutrope, visée par le projet Orange Baie des Princes. D’un côté, une pétition demande de sauver le site, de l’autre, un programme touristique d’ampleur est déjà entré dans la phase de consultation.
Sur le marché, la pétition a dépassé le simple soutien de principe
Le chiffre a marqué les esprits : plus de 200 signatures ont été recueillies en deux heures sur le marché du 11 juin. Et elles ne partaient pas de zéro, puisqu’elles s’ajoutaient à d’autres déjà récoltées auparavant.
Signer sur un marché, en plein passage, n’a pas le même sens qu’un soutien discret. Là, la pétition a trouvé des gens disponibles, visibles, et décidés à se prononcer.
Un membre du collectif a résumé ce basculement avec une phrase très parlante : « C’est la première fois que je vois ça ». Il décrit des habitants qui viennent d’eux-mêmes. Ils demandent à signer et montrent que ce combat touche maintenant bien au-delà des seuls riverains.
Ce que les opposants veulent sauver sur la colline
« sauvons la carrière Saint-Eutrope ». Le but affiché de la pétition est de sauver la carrière d’un projet d’éco pôle touristique.
Le point de fixation est un lieu précis, sur la colline au-dessus de la ville, avec un nom, une histoire récente, et maintenant une bataille d’opinion qui s’organise.
L’association à l’origine de cette démarche est l’association de défense de l’environnement orangeois. Elle agit avec le soutien du collectif des voisins de la colline. Cela donne à la mobilisation une double assise : des militants structurés, mais aussi des habitants directement concernés.
Le projet vise 17 hectares, avec 1,7 hectare de bâtis
Face à cette contestation, le promoteur avance un programme lourd. L’investissement espéré se situe entre 150 et 180 M€, avec une résidence de tourisme, une structure d’accueil haut de gamme, un centre dédié à des séminaires et un espace bien-être de 2 500 m².
Sur le papier, le dossier parle de 1,7 ha de bâtis sur 17 ha de propriété. Le débat porte sur une transformation de grande taille à l’échelle du site.
On peut être favorable au développement touristique et juger malgré tout que l’ampleur change la nature du dossier. C’est même là que la tension devient politique et locale : la question n’est plus “faut-il aménager ?”, mais “jusqu’où ?”.
Depuis le 29 avril 2026, la bataille se joue aussi dans la consultation
L’enquête publique a été entamée le 29 avril 2026. Elle doit s’achever le 30 juillet 2026 à 17 h, ce qui laisse encore une fenêtre de participation au moment où le débat continue de se tendre.
Les opposants l’ont bien compris. Avant le passage remarqué sur le marché, ils avaient prévu d’être présents dès le mercredi 10 juin dans le quartier de l’Étang, puis le lendemain sur le marché. Avec un objectif affiché : sensibiliser de nouveau les habitants à participer à la consultation en cours.
La pétition ne remplace pas la procédure. Elle sert à pousser des habitants à entrer dans le registre. Donc à peser dans un cadre officiel plutôt qu’à rester dans une colère de trottoir.
380 contributions, puis 385 : le dossier a déjà pris de l’épaisseur
Le registre mentionne 380 contributions, puis 385 contributions. Même si cette légère différence montre un compteur en mouvement, elle montre surtout que le projet ne laisse pas la population indifférente.
Un autre chiffre alourdit encore le climat. Christian Gastou affirme que 80% des contributions relatent des avis négatifs. Si ce niveau se confirme jusqu’au terme de la consultation, le promoteur devra faire face à une opposition nettement installée.
La séquence du marché a donc autant compté. Les signatures ne flottent pas dans le vide : elles arrivent dans un dossier qui accumule déjà des prises de position écrites. Avec une tonalité largement défavorable selon cette lecture du registre.
Le 23 juillet au théâtre municipal, tout le monde va devoir parler clair
Une réunion publique avec des représentants du promoteur est prévue le 23 juillet 2026 au théâtre municipal. Ce rendez-vous peut durcir les lignes, mais aussi obliger chacun à sortir des slogans pour répondre sur le fond.
Les opposants auront alors un terrain simple : l’ampleur du programme, la place du bâti, la protection du site. En face, les porteurs du dossier devront défendre un investissement annoncé entre 150 et 180 M€. Sans esquiver la question centrale, celle de l’acceptabilité locale.
Le maire, Jean-Dominique Artaud, se retrouve de fait au cœur d’un dossier sensible. Quand une pétition s’emballe, qu’un registre se remplit et qu’une réunion publique approche, la gestion municipale ne peut plus se contenter d’un débat réservé à quelques initiés.
Pourquoi cette mobilisation dépasse le seul cercle des voisins ?
Parce qu’elle a changé d’échelle. Au départ, le soutien du collectif des voisins de la colline donnait au mouvement une base très locale. Avec la poussée enregistrée sur le marché, le dossier montre qu’il touche aussi des habitants qui ne vivent pas forcément au plus près du site.
Mais qui veulent peser sur son avenir.
Que peut encore changer la fin de l’enquête publique ?
Beaucoup, justement parce qu’elle n’est pas terminée. Tant que l’échéance du 30 juillet 2026 à 17 h n’est pas passée, la consultation reste le lieu où se transforme une inquiétude en contribution formelle. La pétition mobilise, mais c’est bien la participation au dossier qui peut donner un poids durable à cette contestation.
Quand un site perché au-dessus de la ville devient l’objet d’un projet aussi lourd, les habitants ne regardent plus de loin. Ils signent, ils écrivent, ils viennent. Et à partir de là, plus personne ne peut faire comme si le dossier avançait en silence.
