Au cœur d’Avignon intra-muros, la Place Saint-Jean-le-Vieux constitue l’un des rares exemples français d’effacement urbain total d’une commanderie médiévale. Cette place discrète, située dans le quartier de la Banasterie au nord-est de la ville close, occupe l’emplacement de l’ancienne commanderie de Saint-Jean-de-Jérusalem, fondée au XIIe siècle et démolie au XIXe siècle à l’exception d’une seule tour, la Tour Saint-Jean [^1^]. Cette disparition quasi intégrale en fait un cas patrimonial singulier dans le paysage des commanderies hospitalières de Provence.
La Place Saint-Jean-le-Vieux aujourd’hui
La Place Saint-Jean-le-Vieux est une place urbaine modeste, d’environ 1 500 m², bordée d’immeubles d’habitation et de commerces de proximité. Elle est située dans le secteur sauvegardé d’Avignon (créé par décret du 18 juillet 1962, l’un des premiers secteurs sauvegardés français au titre de la loi Malraux). Sa position, à 200 mètres au nord de la Place Pie et 350 mètres à l’est de la Place du Palais, en fait un lieu de passage discret mais central.
L’unique vestige : la Tour Saint-Jean
Sur l’ensemble du complexe médiéval originel, seule subsiste aujourd’hui la Tour Saint-Jean, érigée à partir de 1361 [^2^]. Cette tour, classée Monument Historique au titre de l’inscription, témoigne de l’architecture défensive des commanderies hospitalières de Provence. Elle présente :
- Un plan carré d’environ 8 mètres de côté
- Une hauteur résiduelle de 20 mètres environ (étêtée au XIXe siècle)
- Des baies à meneaux du XIVe siècle partiellement préservées
- Un appareil de pierre de taille calcaire local
L’Ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem en Provence
Origines et missions de l’Ordre
L’Ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem (devenu Ordre de Malte) est fondé à Jérusalem vers 1099 par le bienheureux Gérard pour assurer la protection des pèlerins en Terre sainte. Ordre militaire et hospitalier, il développe à partir du XIIe siècle un réseau de commanderies en Europe occidentale, structures économiques et religieuses chargées de financer son activité orientale [^3^].
L’implantation provençale
La Provence accueille plusieurs dizaines de commanderies hospitalières au Moyen Âge, organisées en bailliages relevant du Grand Prieuré de Saint-Gilles. Les commanderies les plus importantes étaient :
| Commanderie | Localisation | Fondation | Vestiges actuels |
|---|---|---|---|
| Saint-Gilles | Saint-Gilles (Gard) | XIIe siècle | Abbatiale + bâtiments |
| Avignon Saint-Jean-le-Vieux | Avignon (Vaucluse) | XIIe siècle | Tour Saint-Jean uniquement |
| Manosque | Manosque (Alpes-de-Haute-Provence) | XIIe siècle | Vestiges modestes |
| Salon-de-Provence | Salon-de-Provence (Bouches-du-Rhône) | XIIIe siècle | Bâtiments réaffectés |
La commanderie d’Avignon : un siècle d’histoire
La fondation au XIIe siècle
La commanderie hospitalière d’Avignon est mentionnée pour la première fois dans les sources documentaires vers 1170-1180. Elle s’installe dans le quartier nord-est de la ville médiévale, à proximité immédiate du palais épiscopal et de l’enceinte romaine. Sa fonction initiale est triple : accueil des pèlerins en route vers Saint-Gilles puis la Terre sainte, soins aux malades, et gestion des biens fonciers de l’Ordre dans le Comtat Venaissin.
L’apogée pendant la papauté d’Avignon (1309-1377)
L’installation de la papauté à Avignon en 1309 sous Clément V puis le développement de la cour pontificale font de la commanderie un centre actif. L’Ordre de Saint-Jean entretient des relations privilégiées avec la papauté avignonnaise, qui lui confie plusieurs missions diplomatiques. La commanderie connaît alors sa période de plus grande prospérité, accueillant régulièrement des dignitaires hospitaliers de retour de Rhodes (siège de l’Ordre depuis 1310).
La Tour Saint-Jean de 1361
Dans le contexte des troubles provoqués par la Guerre de Cent Ans et les routiers (compagnies mercenaires écumant la Provence), l’Ordre fait construire vers 1361 la Tour Saint-Jean. Cet ouvrage défensif visait à protéger la commanderie et ses occupants des attaques. La tour, intégrée à un ensemble fortifié plus vaste, faisait pendant aux remparts urbains construits sous Innocent VI (1352-1362).
Le déclin et la disparition
Du XVIIe au XVIIIe siècle : un long affaiblissement
Avec la fin de la papauté d’Avignon (retour à Rome en 1377) et les guerres de religion (XVIe siècle), la commanderie connaît un déclin progressif. L’Ordre conserve ses biens mais les revenus diminuent. Les bâtiments sont entretenus a minima au XVIIe et XVIIIe siècles.
La Révolution française : dissolution
La Révolution française porte un coup décisif. La nuit du 4 août 1789 abolit les privilèges féodaux ; les biens du clergé sont nationalisés par le décret du 2 novembre 1789. La commanderie de Saint-Jean-le-Vieux est confisquée comme bien national en 1790, ses bâtiments vendus aux enchères et l’Ordre dispersé. Les archives partent au dépôt départemental (aujourd’hui Archives départementales de Vaucluse).
Le XIXe siècle : démolition progressive
Au cours du XIXe siècle, les bâtiments ruinés ou dégradés sont progressivement démolis. La pression foncière dans Avignon intra-muros conduit à la construction d’immeubles d’habitation sur l’emplacement des anciennes structures conventuelles. Vers 1850-1870, l’ensemble des bâtiments médiévaux a disparu à l’exception de la Tour Saint-Jean, dont la valeur patrimoniale est reconnue suffisamment tôt pour la sauver de la démolition complète.
Pourquoi cette disparition est-elle exceptionnelle ?
Le contexte des commanderies françaises
La plupart des commanderies médiévales françaises ont laissé des vestiges significatifs : église, bâtiments conventuels réemployés, fermes seigneuriales. Le cas d’Avignon est singulier par le caractère quasi total de la disparition. Selon les recensements de l’Inventaire général du patrimoine culturel, environ 80 % des sites de commanderies hospitalières françaises conservent au moins une église ou des bâtiments réemployés [^4^].
Les facteurs spécifiques à Avignon
Trois facteurs expliquent la disparition presque totale du site :
- La pression urbaine : Avignon intra-muros est une ville dense où chaque parcelle vaut cher, ce qui a poussé à la démolition rapide des bâtiments libérés
- L’absence d’église paroissiale : à la différence de nombreuses commanderies rurales, la chapelle n’a pas été convertie en église paroissiale, accélérant sa démolition
- La fragmentation foncière post-révolutionnaire : les biens vendus en lots distincts à différents acquéreurs ont rendu impossible une reconversion d’ensemble
La Tour Saint-Jean aujourd’hui : un patrimoine fragile
État de conservation
La Tour Saint-Jean est aujourd’hui intégrée à un îlot bâti privé. Elle est inscrite au titre des Monuments Historiques (notice Mérimée PA00081844) mais ne se visite pas. Son entretien est assuré conjointement par les propriétaires privés et la municipalité d’Avignon, avec un cofinancement DRAC Provence-Alpes-Côte d’Azur pour les opérations lourdes.
Projets de valorisation
La municipalité d’Avignon évoque depuis plusieurs années un projet de valorisation pédagogique du site, incluant signalétique, plaques explicatives et éventuellement un parcours commenté du patrimoine hospitalier disparu de la ville. Ce projet s’inscrit dans le cadre du Plan de Sauvegarde et de Mise en Valeur (PSMV) du secteur sauvegardé d’Avignon [^5^].
Autres traces de l’Ordre de Malte à Avignon
Plusieurs micro-toponymes urbains rappellent encore l’implantation hospitalière à Avignon :
- Rue Saint-Jean-le-Vieux : axe traversant le quartier, reliant la place à la Banasterie
- Impasse Saint-Jean : voie sans issue à proximité immédiate de la tour
- Quartier de la Banasterie : secteur tout entier marqué historiquement par la présence des Hospitaliers
Visiter le quartier aujourd’hui
Itinéraire pédestre suggéré
Pour découvrir l’emplacement de l’ancienne commanderie, un parcours pédestre de 30 minutes au départ de la Place de l’Horloge peut être proposé :
- Place de l’Horloge → Place Pie (5 minutes via Rue Saint-Étienne)
- Place Pie → Place Saint-Jean-le-Vieux (5 minutes via Rue Saluces)
- Place Saint-Jean-le-Vieux → Tour Saint-Jean (visible depuis la place, 2 minutes)
- Retour par la Rue Banasterie et la Rue Carnot (15 minutes)
À voir alentour
- Palais du Roure (hôtel particulier XVe siècle, fondation Flandreysy-Espérandieu)
- Église Saint-Pierre d’Avignon (XIVe siècle, classée MH)
- Hôtel des Monnaies (façade baroque, Place du Palais)
FAQ
Peut-on visiter la Tour Saint-Jean ?
Non, la Tour Saint-Jean est propriété privée et n’est pas ouverte au public. Elle est visible depuis la voie publique uniquement. Des visites exceptionnelles peuvent être organisées lors des Journées européennes du patrimoine.
Pourquoi la commanderie a-t-elle totalement disparu alors que d’autres bâtiments médiévaux d’Avignon sont préservés ?
La pression foncière intra-muros, l’absence de réaffectation cultuelle après la Révolution, et la fragmentation des ventes des biens nationaux ont conduit à une démolition pièce par pièce sans projet patrimonial.
Y a-t-il d’autres traces de l’Ordre de Malte à Avignon ?
Hors la Tour Saint-Jean, seuls subsistent des toponymes (Rue Saint-Jean-le-Vieux, Impasse Saint-Jean) et des archives documentaires conservées aux Archives départementales de Vaucluse, fonds 56 H.
Existe-t-il un musée ou un parcours patrimonial sur le sujet ?
Aucun musée dédié n’existe à ce jour. L’office de tourisme d’Avignon évoque ponctuellement le sujet dans certaines visites guidées thématiques sur le patrimoine religieux disparu.
Avignon médiévale : un quartier riche en patrimoine disparu
Le poids des transformations XIXe siècle
La Place Saint-Jean-le-Vieux n’est pas un cas isolé. Au XIXe siècle, Avignon a connu des transformations urbaines majeures qui ont fait disparaître plusieurs édifices religieux médiévaux. Les motifs étaient multiples : pression foncière, vétusté, nationalisation révolutionnaire, désaffectation des cultes, percement de nouvelles voies. Parmi les pertes patrimoniales majeures :
- Commanderie des Hospitaliers de Saint-Jean (Saint-Jean-le-Vieux) : démolition XIXe siècle, seule tour préservée
- Couvent des Cordeliers : transformations radicales, vestiges minimes
- Couvent des Augustins : démoli partiellement, immeubles d’habitation construits
- Couvent des Trinitaires : démoli au XIXe siècle
- Église Saint-Étienne-le-Vieux : démolie sous le Second Empire
Les rares survivants intra-muros
Heureusement, le centre historique d’Avignon conserve un patrimoine médiéval exceptionnellement dense, classé UNESCO en 1995 : Palais des Papes, Pont Saint-Bénézet, Petit Palais, cathédrale Notre-Dame-des-Doms, église Saint-Pierre, église Saint-Didier, église Saint-Agricol, plusieurs couvents partiellement préservés (Carmes, Célestins, Pénitents). Cette densité explique paradoxalement la perte de certains monuments secondaires moins prioritaires lors des arbitrages patrimoniaux du XIXe siècle.
L’Ordre de Malte aujourd’hui : permanence d’une institution millénaire
Du Saint-Empire à l’Ordre Souverain
L’Ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem, devenu Ordre de Malte, est aujourd’hui l’Ordre Souverain Militaire et Hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem, de Rhodes et de Malte. Il s’agit d’une organisation à statut sui generis, reconnue par 110 États, avec son siège à Rome (Palais Magistral, via Condotti). L’Ordre conserve ses missions médico-sociales originelles (hôpitaux, dispensaires, secours d’urgence) dans plus de 120 pays.
La présence française
L’Ordre de Malte France, association reconnue d’utilité publique en 1929, intervient dans le secteur médico-social français : EHPAD, instituts médico-éducatifs, centres d’addictologie, secours d’urgence. Elle ne possède plus de commanderies au sens médiéval, mais conserve une mémoire institutionnelle revendiquée du patrimoine hospitalier d’origine, incluant les sites historiques comme la commanderie disparue d’Avignon.
L’architecture hospitalière médiévale en France
Structure type d’une commanderie
Une commanderie médiévale type comprenait plusieurs éléments :
| Élément | Fonction | Caractéristique architecturale |
|---|---|---|
| Chapelle commanderie | Culte des frères et fidèles | Style roman ou gothique simple |
| Logis du commandeur | Résidence du chef de commanderie | Bâtiment principal, étages, cheminées |
| Hôtellerie / hôpital | Accueil pèlerins / malades | Salle commune, dortoirs |
| Granges et écuries | Stockage récoltes, chevaux | Bâtiments fonctionnels en pierre |
| Tour défensive | Refuge en cas d’attaque | Tour carrée ou circulaire fortifiée |
| Mur d’enceinte | Délimitation et protection | Mur de pierre, parfois muraillé |
L’évolution des fonctions au fil des siècles
Les commanderies ont vu leurs fonctions évoluer considérablement entre la fondation (XIIe siècle) et la dissolution (Révolution française) :
- XIIe-XIIIe siècle : fonction principalement hospitalière et d’accueil des pèlerins
- XIVe-XVe siècle : renforcement défensif (guerre de Cent Ans, routiers)
- XVIe-XVIIe siècle : déclin militaire, fonction agricole et seigneuriale dominante
- XVIIIe siècle : commende systématique, déclin spirituel et économique
Étudier la commanderie disparue : les sources documentaires
Les Archives départementales de Vaucluse
Le fonds 56 H des Archives départementales de Vaucluse, à Avignon (route de Marseille), conserve les archives de la commanderie de Saint-Jean-le-Vieux. Ce fonds comprend :
- Cartulaires et chartes de fondation (XIIe-XIIIe siècle)
- Registres de comptabilité (XIVe-XVIIIe siècle)
- Procès-verbaux de visites pastorales
- Inventaires des biens (mobiliers et immobiliers)
- Documents fonciers (baux, ventes, donations)
- Inventaire révolutionnaire de 1790
Les archives sont consultables gratuitement sur place du mardi au vendredi (8 h 30 – 17 h 30), sur inscription préalable. Une partie est numérisée et consultable en ligne sur le portail des Archives départementales de Vaucluse.
Les fouilles archéologiques
Aucune fouille archéologique systématique n’a été menée sur le site de l’ancienne commanderie de Saint-Jean-le-Vieux. Des découvertes ponctuelles ont eu lieu à l’occasion de travaux d’urbanisme dans le quartier : fragments architecturaux, tombes médiévales, fragments de poteries. Ces découvertes sont conservées au Musée Calvet et au Musée du Petit Palais d’Avignon.
Le secteur sauvegardé d’Avignon : protection du tissu urbain
Création et étendue
Le secteur sauvegardé d’Avignon, créé par décret du 18 juillet 1962, est l’un des plus anciens secteurs sauvegardés français, en application de la loi Malraux de 1962. Il couvre l’intégralité du centre historique intra-muros (130 hectares environ) et impose des règles strictes pour toute intervention sur le bâti : ravalements, modifications de façades, démolitions, constructions neuves.
Le Plan de Sauvegarde et de Mise en Valeur (PSMV)
Le PSMV d’Avignon, approuvé en 1992 et révisé en 2017, fixe les règles d’urbanisme applicables dans le périmètre. Il identifie chaque immeuble selon une typologie patrimoniale (à conserver, à modifier, à démolir) et précise les prescriptions architecturales. Pour les sites comme la Place Saint-Jean-le-Vieux, le PSMV prévoit la conservation de la Tour Saint-Jean et la protection visuelle des vues sur la tour depuis l’espace public.
Aller plus loin : itinéraire patrimonial des commanderies provençales
Pour les visiteurs souhaitant approfondir le sujet, un itinéraire complet des commanderies provençales peut être organisé sur 3 à 5 jours :
- Saint-Gilles (Gard) : abbatiale romane et ancienne commanderie, façade sculptée XIIe siècle
- Avignon (Vaucluse) : Tour Saint-Jean, archives départementales
- Manosque (Alpes-de-Haute-Provence) : vestiges intégrés au tissu urbain
- Salon-de-Provence (Bouches-du-Rhône) : bâtiments commanderie réaffectés
- Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône) : Musée du Vieil Aix, fonds documentaires
FAQ complémentaires
Quelle est la différence entre Templiers et Hospitaliers ?
Les Templiers (Ordre du Temple, fondé 1119) et les Hospitaliers (Ordre de Saint-Jean, fondé vers 1099) étaient deux ordres militaires distincts, parfois rivaux. Après la dissolution des Templiers par le pape Clément V en 1312 (en Avignon précisément), une partie de leurs biens a été transférée aux Hospitaliers, ce qui explique la richesse foncière de ces derniers au XIVe siècle.
L’Ordre de Malte possède-t-il encore des biens en France ?
L’Ordre de Malte France, association loi 1901 reconnue d’utilité publique, possède des établissements médico-sociaux (EHPAD, instituts spécialisés) mais ne détient plus de commanderies historiques en propre. Les biens d’origine ont été nationalisés à la Révolution française.
Pourquoi le nom « Saint-Jean-le-Vieux » et non « Saint-Jean » tout court ?
Le qualificatif « le Vieux » distingue cet établissement de fondations plus tardives d’Hospitaliers ou de paroisses Saint-Jean dans la région. Il atteste de l’ancienneté de la commanderie (XIIe siècle), antérieure aux établissements rivaux ou successeurs.
Sources
[^1^] Avignon Tourisme — Patrimoine médiéval : https://avignon-tourisme.com/patrimoine/ (consulté 2026-05-17)
[^2^] Base Mérimée — Tour Saint-Jean Avignon, notice PA00081844 : https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/PA00081844
[^3^] Cartulaire général de l’Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem (édition Joseph Delaville Le Roulx, 1894-1906) — Archives nationales
[^4^] Inventaire général du patrimoine culturel — Région PACA : https://patrimoine.maregionsud.fr/ (consulté 2026-05-17)
[^5^] Ville d’Avignon — Plan de Sauvegarde et de Mise en Valeur : https://www.avignon.fr/ma-ville/urbanisme/ (consulté 2026-05-17)
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Fete medievale a Avignon : ou retrouver l’esprit de la commanderie
L’effacement de la commanderie templiere n’a pas empeche Avignon de garder un lien vivant avec son passe medieval, et la fete medievale avignon reste l’un des rendez-vous qui font revivre l’atmosphere de ces lieux disparus. Chaque ete, plusieurs evenements costumes prennent place aux abords du Palais des Papes et dans les rues pavees autour de la place Saint-Jean-le-Vieux : marche d’artisans, demonstrations de combats a l’epee longue, tir a l’arc traditionnel, ateliers de calligraphie et de fauconnerie qui ravissent autant les enfants que les passionnes d’histoire. Le Festival Avignon Medievale, qui se deroule generalement courant juillet en parallele du IN et du OFF, propose des banquets reconstitues, des concerts de musique ancienne avec vielle a roue et chalumeau, et des cortege en costumes d’epoque qui traversent l’intra-muros depuis le Rocher des Doms. Les guides du patrimoine animent ce week-end-la des visites thematiques sur les ordres militaires d’Avignon, en particulier Templiers et Hospitaliers, avec des arrets precis aux emplacements ou se dressaient les commanderies aujourd’hui disparues. Pour les amateurs plus discrets, plusieurs caves voutees de la rue des Teinturiers et de la rue Joseph-Vernet organisent toute l’annee des soirees a theme medieval avec hydromel, hypocras et plats inspires des recipiees du Viandier de Taillevent. L’office de tourisme conserve un agenda actualise de ces rendez-vous, parfois meconnus des Avignonnais eux-memes, qui prolongent la memoire de ces ordres militaires dont la place Saint-Jean-le-Vieux reste l’un des derniers temoins en creux.
