Festival Off 2026 : Audrey Lamarque fait parler le corps à La Carreterie

Festival Off 2026

À 19h25, en salle 2 du Théâtre La Carreterie, un seul corps se met au centre, puis tout un monde suit. Avec Moi, ton corps, j’ai quelque chose à te dire, Audrey Lamarque présente un récit. Elle ouvre un espace où la mémoire, la filiation et le métissage passent d’abord par la chair, la voix et le jeu.

Le spectacle est programmé au Festival Off Avignon 2026, du 3 au 25 juillet 2026, avec relâche les 9, 16 et 23 juillet. La promesse tient déjà dans la forme annoncée : un seul-en-scène (presque), drôle et émouvant. Il est porté à l’écriture, à la mise en scène et à l’interprétation par la même artiste.

À 19h25, une salle de 70 places qui place le corps tout près de vous

Le rendez-vous se joue au 101 rue de la Carreterie, dans une salle 2 donnée pour environ 70 places. Ce détail change la réception du spectacle : vous êtes dans un cadre resserré où le moindre déplacement, la moindre rupture de ton, la moindre apparition de personnage peut prendre plus de poids.

La durée annoncée, environ 1h30, va dans le même sens. Vous entrez dans une traversée qui a le temps de faire exister un récit autobiographique. Puis elle le bouscule avec une galerie de 20+ personnages.

Quels jours faut-il repérer avant d’y aller ?

La série est indiquée du 3 au 25 juillet 2026. Mais il faut retirer les jeudis 9, 16 et 23 juillet, annoncés en relâche. L’horaire ne bouge pas.

Mais ces trois dates-là coupent le rythme.

Pourquoi la mention “seul-en-scène (presque)” donne déjà une piste

Cette formule a du relief. Un seul-en-scène, d’accord, mais “presque” : le mot suggère d’emblée un plateau traversé par d’autres présences. Même quand une seule interprète tient l’espace.

Et cette piste rejoint le cœur artistique du projet. Entre récit autobiographique et galerie de 20+ personnages, le spectacle semble refuser la ligne droite. Vous partez d’une parole intime.

Puis cette parole s’ouvre à des figures, à des voix, à des loyautés, à des héritages qui débordent largement le cadre d’une confidence.

Nous trouvons ce choix plus fort qu’une simple confession scénique. Quand une pièce annonce à la fois l’autobiographie et une multitude de personnages, le corps ne porte jamais une histoire seule. Il transporte aussi les autres.

Secrets de famille, métissage, mère-fille : un terrain chargé, mais pas plombé

La ligne artistique mentionne la mémoire du corps, les secrets de famille, le métissage, les loyautés familiales et le processus d’individuation mère, fille. La matière est dense. Mais le ton annoncé, drôle et émouvant, évite d’enfermer l’ensemble dans un bloc grave.

Le spectacle peut toucher juste. Vous pouvez venir pour une histoire de transmission. Et vous retrouver devant une question plus large : qu’est-ce qu’un corps garde, même quand une famille se tait ?

Le sujet est frontal. Le ton, lui, promet de laisser entrer de l’air.

Le thème mère, fille pèse aussi lourd dans cette proposition, car il est nommé comme un processus d’individuation. Il s’agit de montrer comment on se sépare, comment on se construit. Et comment cette construction passe encore par des fidélités qu’on n’a pas toujours choisies.

La musique live de Clément Pavis n’ajoute pas un décor, elle déplace le récit

La musique live est assurée par Clément Pavis. Cette présence compte. Dans un spectacle centré sur le corps, la mémoire et les secrets, le direct accompagne, relance une émotion, creuse un silence, ou fait basculer un personnage sans casser l’unité de la scène.

Le “presque” du seul-en-scène se lit aussi ici. Vous venez voir une interprète au premier plan, avec un plateau ouvert. Avec de la musique jouée en direct, le récit garde une part de mouvement, de dialogue, parfois même de friction.

C’est une bonne nouvelle pour vous si vous craignez les formes trop sages.

À partir de 14 ans, une proposition qui ne vise pas tout le monde de la même façon

Le public indiqué est tout public à partir de 14 ans. Cette précision dit que le spectacle reste ouvert. Mais qu’il aborde des sujets qui demandent déjà une certaine maturité de regard.

Vous pouvez y voir un repère utile si vous hésitez sur l’âge. Entre les secrets de famille, le métissage, les loyautés et la relation mère, fille, la pièce ne promet pas un divertissement léger au sens le plus simple du terme. Elle annonce une émotion accessible, oui, mais portée par des questions qui travaillent longtemps.

Et côté tarifs, qu’est-ce que cela dit de l’accès ?

Le plein tarif est à 24 €. Les tarifs indiqués sont de 14 € en réduit et 16 € pour les abonnés Off. Vous avez donc une grille lisible, sans détour, pour situer cette proposition dans votre parcours du Off.

La jauge réduite, la durée d’environ 1h30, la musique live et l’engagement total de la même artiste à l’écriture, à la mise en scène et à l’interprétation dessinent une forme très tenue. Si vous cherchez une pièce qui parle de filiation sans l’aplatir, l’adresse de la rue de la Carreterie mérite un détour précis. Pas un passage distrait entre deux affiches.

Après lecture du programme, le corps est la porte d’entrée de tout le reste. Une histoire familiale, des visages multiples, une musique jouée en direct. Et une salle de 70 places où vous ne pourrez pas regarder ça de loin.