Les plus belles églises d’Avignon à visiter

Façade de la basilique Saint-Pierre à Avignon

Au pied du Palais des Papes, Avignon a longtemps vécu au rythme de ses clochers. La présence pontificale au XIVe siècle y a laissé un héritage rare : des collégiales gothiques, des cloîtres et des retables qui se visitent presque tous gratuitement, à quelques minutes de marche les uns des autres. Voici les plus belles églises de la ville, celles qui méritent qu’on pousse leur porte.

La basilique Saint-Pierre, joyau du gothique flamboyant

C’est sans doute la plus spectaculaire. La basilique Saint-Pierre, reconstruite à partir de 1358 sous le cardinal Pierre des Prés, dresse sur sa petite place une façade de gothique flamboyant provençal d’une finesse rare. Le clocher date de 1495, le parvis de 1486.

Ne manquez pas les grandes portes en noyer massif, sculptées à la Renaissance, considérées comme un chef-d’œuvre du bois avignonnais. À l’intérieur, retables, stalles et statues proviennent en partie d’autres églises de la ville, récupérés après la Révolution.

Place Saint-Pierre, à cinq minutes du Palais des Papes. Visite libre du lundi au samedi, de 9h30 à 13h et de 14h30 à 17h, en dehors des messes. Fermée le dimanche aux visiteurs.

La collégiale Saint-Didier, le gothique avignonnais à l’état pur

Bâtie à une vitesse étonnante entre 1356 et 1359 à l’initiative du cardinal Bertrand de Deaux, la collégiale Saint-Didier est souvent citée comme l’exemple le plus représentatif du gothique méridional d’Avignon : nef unique, élévation sobre, murs massifs en pierre, chapelles latérales alignées.

Elle conserve un grand Portement de Croix, œuvre clé du début de la Renaissance en France, ainsi que des tableaux de Simon de Châlons. L’église est classée au titre des monuments historiques depuis 1983. Elle se trouve place Saint-Didier, à deux pas de la rue de la République. Encore vouée au culte, elle ouvre en journée mais ses horaires varient selon le planning paroissial.

La collégiale Saint-Agricol, la plus ancienne paroisse

La collégiale Saint-Agricol est la plus ancienne paroisse de la ville, élevée sur des vestiges de la cité romaine. Une première église existe dès le XIe siècle ; elle est agrandie sous le pape Jean XXII au XIVe siècle, puis remaniée jusqu’au XVIIIe, son clocher étant achevé en 1746.

On y conserve les reliques de saint Agricol, patron d’Avignon, des vitraux et des retables marqués par les aménagements baroques des XVIIe et XVIIIe siècles. Au 23 rue Saint-Agricol, tout près de la place de l’Horloge. Ouverte du lundi au vendredi de 10h à 19h, le samedi de 10h à 17h, le dimanche de 9h30 à 12h, en accès libre hors offices.

L’église et le cloître des Carmes

Installés à Avignon dès le XIIIe siècle, les Carmes doivent leur église aux libéralités de Jean XXII puis de Clément VI. L’édifice à nef unique et son cloître sont achevés au milieu du XIVe siècle. Vendu comme bien national à la Révolution, l’ensemble n’a survécu que parce qu’il restait affecté au culte.

L’église abrite des fonts baptismaux du XVIe siècle et des tableaux de Nicolas Mignard. En été, le cloître devient l’un des hauts lieux du Festival d’Avignon, accueillant spectacles et expositions. L’église reste gratuite ; l’accès au cloître dépend des événements.

L’église et le cloître des Célestins

Dernière grande fondation de la papauté avignonnaise et unique fondation royale de la ville, l’église des Célestins est construite entre 1395 et 1452, à l’initiative de l’antipape Clément VII et du roi Charles VI, près de la tombe de Pierre de Luxembourg.

Désacralisée après avoir servi d’hôpital militaire, elle devient propriété de la ville en 1980 et accueille dès l’année suivante les spectacles du Festival. Le couvent reste l’un des complexes monastiques les mieux conservés d’Avignon dans son gros œuvre. On y entre surtout à l’occasion d’expositions ou de représentations, parfois payantes.

Le temple Saint-Martial, une parenthèse protestante

Ancienne église catholique, le temple Saint-Martial est aujourd’hui un lieu de culte de l’Église protestante unie de France. Au croisement de la rue des Lices et de la rue de la République, il vaut surtout pour le contraste confessionnel qu’il apporte à un itinéraire religieux dominé par le gothique catholique. Lieu de culte vivant, il s’ouvre aux visiteurs en dehors des offices, sans horaires standardisés.

Infos pratiques : organiser sa visite

Toutes ces églises sont en entrée libre pour la visite, en dehors des messes, concerts ou spectacles. Elles tiennent dans un mouchoir de poche : depuis la place de l’Horloge, on rejoint à pied Saint-Agricol, Saint-Didier puis Saint-Pierre en quelques minutes. Comptez une demi-journée pour les enchaîner tranquillement. Mieux vaut éviter les créneaux de fin d’après-midi en semaine, souvent réservés aux offices.

Ce qu’il faut retenir

  • Saint-Pierre : la façade flamboyante et les portes Renaissance en noyer, le clou de la visite.
  • Saint-Didier : le gothique avignonnais le plus pur, avec un Portement de Croix Renaissance.
  • Saint-Agricol : la plus ancienne paroisse, près de la place de l’Horloge.
  • Carmes et Célestins : deux cloîtres au cœur du Festival d’Avignon l’été.
  • Visite gratuite partout, hors offices. Une demi-journée suffit.

Pour prolonger la découverte du patrimoine religieux, ne manquez pas la cathédrale Notre-Dame des Doms et sa Vierge dorée, qui domine la ville. Retrouvez tous nos guides dans notre dossier patrimoine d’Avignon, et de quoi compléter votre séjour avec nos idées de sorties à Avignon.