« On attend 48 heures, c’est trop tard » : la saison courte de la Burlat commence à l’ombre du Ventoux

« On attend 48 heures, c'est trop tard » : la saison courte de la Burlat commence à l'ombre du Ventoux
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Les vergers s’étendent à perte de vue au pied du Mont Ventoux, à Beaumont-du-Ventoux. Le Vaucluse, département qui produit le plus de cerises en France, entame son deuxième tour de cueillette de Burlat. Cette variété la plus précoce porte bien son surnom : « c’est un peu le diamant rouge de la cerise », résume Florian Bernard, dirigeant de l’exploitation ValVentoux et quatrième génération de sa famille dans cette activité.

Le printemps frais comme allié, le thermomètre comme menace

La saison ne s’ouvre pas dans la tension habituelle. « Pour l’instant, la saison ne se passe pas trop mal. On est bien accompagné par le temps, on n’a pas trop de soucis au niveau des maladies », constate Florian Bernard. Ce printemps frais, contrairement aux années de stress climatique, fait figure de bénédiction pour les arboriculteurs.

Car le premier cauchemar des producteurs, ici, c’est la chaleur qui tombe trop tôt. Quand les températures grimpent soudainement, les cerises mûrissent en accéléré. La fenêtre de récolte, déjà étroite pour la Burlat, se réduit alors à quelques jours. « On attend 48 heures, c’est trop tard », résume la contrainte du métier. Cette précocité même qui fait la valeur de la variété, Folfer, Belge et Bigarreau suivront plus tard, la rend aussi vulnérable au caprice du ciel.

Christophe Montagard, directeur de la S.I.C.A des Paysans du Ventoux, tempère pourtant l’optimisme. « Ce sont les premières cerises, et il n’y a pas trop de demandes actuellement au vu de la situation climatique. La météo ne nous aide pas actuellement. » Il mise sur les prochains jours : « Les prochains jours, pour lesquels on annonce de la chaleur, nous permettent de penser que la récolte va pouvoir s’écouler plus facilement. »

Entre les mouches, les sangliers et les filets de protection

Au-delà du thermomètre, deux prédateurs rôdent dans les rangs. Les drosophiles Suzukii piquent les fruits, obligeant les producteurs à traiter davantage et à trier plus finement. Les sangliers, eux, montent dans les arbres, arrachent des branches chargées de cerises, ou dégradent les systèmes d’irrigation. Des filets vont être déployés pour tenter de contenre ces nuisibles.

La sélection opère déjà dans les vergers. Les moins belles partiront pour l’industrie. Les autres, surtout, iront en grande surface. « Le marché ne paraît pas trop mauvais, avec une volonté de la clientèle et des magasins de faire du français », note Florian Bernard. Les deux producteurs s’accordent sur un point : l’IGP « cerise des Coteaux du Ventoux » agit comme un gage de qualité recherché par les acheteurs. Première IGP obtenue en France pour une cerise, elle distingue ce fruit emblématique dès les premiers étals.

48 heures, peut-être un peu plus

La Burlat, par sa chair souple et son sucre marqué, ouvre chaque année cette saison condensée. Le temps de récolte, le temps de vente, le temps de consommation : tout se joue dans un intervalle que le producteur ne contrôle pas. Le filet anti-sanglier, le tri minutieux, l’IGP comme passeport : autant de réponses à une fenêtre qui, par nature, se referme vite.

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