Chaque hiver, la crèche provençale reprend vie dans les foyers et les églises de la région. Derrière ces petits personnages d’argile se cache un métier vivant. Autour d’Avignon comme à Aubagne, plusieurs ateliers ouvrent leurs portes et laissent voir le geste du santonnier, du moulage à la peinture.
L’Oustau d’Antan à Jonquerettes, aux portes d’Avignon
À une dizaine de minutes d’Avignon Nord, le village viticole de Jonquerettes abrite l’atelier-boutique L’Oustau d’Antan. On y trouve des santons façonnés de manière artisanale, dans un cadre ouvert toute l’année. C’est l’étape la plus proche pour qui veut découvrir le métier sans s’éloigner du Grand Avignon.
En période d’Avent, plusieurs villages des environs exposent des crèches. L’église de l’Assomption à Saint-Saturnin-lès-Avignon ou les Célestins à Avignon présentent des crèches provençales animées. De quoi prolonger la visite d’atelier par une balade dans les décors de Noël.
Aubagne, capitale du santon
Aubagne reste le cœur historique du santon, avec des ateliers réellement ouverts au public. L’atelier Maryse Di Landro, dans la zone des Paluds, associe atelier et musée de la crèche. On y assiste, certains jours, à des démonstrations de fabrication : moulage de la terre, cuisson, puis peinture des figurines.
Toujours aux Paluds, l’Atelier de Fanny se visite côté atelier et boutique. En centre-ville, les Santons Magali-Colomies, rue Martinot, forment un petit atelier-boutique où l’on voit travailler la terre. Les amateurs de loisirs créatifs trouveront aussi des activités autour de l’argile chez Santons Flore, rue Rastègue.
Les grandes foires aux santons
Pour comparer les styles d’un santonnier à l’autre, rien ne vaut une foire. La foire aux santons de Marseille, sur le Quai du Port, est la plus ancienne de Provence : créée en 1803, elle réunit chaque année une vingtaine de santonniers, de la mi-novembre au début janvier. À Aubagne, la foire investit le centre-ville de fin novembre à Noël. Arles propose elle aussi crèches et santons pendant l’Avent, dans une variante propre au pays d’Arles.
Conseils de visite
Les boutiques d’atelier se visitent librement une grande partie de l’année, mais les vraies démonstrations sont souvent réservées à certains jours : mieux vaut appeler avant de passer, surtout chez Di Landro. Les foires, elles, se concentrent sur la période de l’Avent. Pour voir un atelier travailler hors saison de Noël, privilégiez Aubagne en semaine.
Ce qu’il faut rapporter
Un santon peint à la main reste le souvenir le plus juste. Les figures profanes du petit peuple provençal — le ravi, le tambourinaire, la lavandière, le meunier, le pêcheur — racontent autant la région que la scène de la Nativité. Achetés directement à l’atelier, ils permettent de soutenir un savoir-faire que Jean-Louis Lagnel a popularisé dès la fin du XVIIIe siècle avec ses santons à un sou.
Ce qu’il faut retenir
- Près d’Avignon : L’Oustau d’Antan à Jonquerettes, ouvert toute l’année.
- À Aubagne : ateliers Di Landro (atelier-musée), Fanny, Magali-Colomies, Flore.
- Les foires : Marseille (Quai du Port, depuis 1803), Aubagne et Arles, pendant l’Avent.
- Bon réflexe : téléphoner avant pour les démonstrations, souvent limitées à certains jours.
Pour prolonger la découverte, le musée du Petit Palais et sa collection de santons complète bien ces visites d’atelier. Retrouvez d’autres idées dans notre guide du patrimoine d’Avignon et nos sorties autour d’Avignon.
